Culte de Sainte-Wivine

Le culte  de Sainte-Wivine dans l’église d’Ohain La paroisse Saint-Etienne d'Ohain est une des dernières à encore organiser trois processions annuelles : une en juin, la suivante le 15 août et la dernière fin septembre. C'est celle-là qui est dénommée procession Sainte-Wivine. Wivine, première abbesse du monastère de Grand-Bigard qu'elle fonda en 1129, est née descendante des châtelains de Cambrai en 1103 et est décédée dans son monastère le 17 décembre 1170, jour qui devint celui de sa fête. Sa vie religieuse inspira plusieurs écrivains des XVe et XVIle siècles. Dès après sa mort, le culte à Sainte-Wivine se propagea et prit de l'ampleur. En 1719, les reliques éparpillées de la Sainte avaient été déposées dans une nouvelle chasse en argent par Monseigneur Vandernoot qui devint évêque de Gand (les archives de l'Etat conservent une lettre authentifiant les reliques et les titres du Vatican de 1757 ainsi que le règlement pour l'obtention d'indulgences). En 1796, après la révolution et ainsi que de nombreuses abbayes de la forêt de Soignes, l'abbaye bénédictine de Grand-Bigard fut supprimée et les soeurs encore présentes furent dispersées en vertu d'une loi de l'an IV de la République. En 1805, la dernière abbesse de la communauté vint déposer au Sablon les reliques de l'abbesse Wivine, reliques qu'elle avait pu soustraire à la confiscation. L'église des Arbalétriers devint alors le principal lieu de dévotion à Sainte-Wivine.
Ferdinand de Berlo, évêque de Namur (évêché auquel Ohain fut rattaché en 1759) autorisa l'exposition et la vénération des reliques dans l'église d'Ohain et le 19 mai 1755, le seigneur d'Ohain, le vicomte d'Angest, offrit au curé de la paroisse (Jean Charles Jamin) une partie de la mâchoire de la Sainte, relique offerte à sa mère par l'évêque de Gand. A Ohain, on alloua à Sainte-Wivine l'autel de droite dans l'église, autel qui était précédemment dédié à Saint-Nicolas, et de nombreux pèlerinages y furent organisés. En 1755, le premier dimanche de septembre, l'abbé Genot, curé-doyen rural de Plancenoit, vint chanter une messe solennelle en l'honneur de Sainte-Wivine et présenta à l'assemblée attentive un panégyrique de celle-ci. Une procession fut inaugurée ce jour-là (elle a toujours lieu actuellement, même si la date en a été retardée, par commodité et obligation matérielles). De tous temps, les nombreux pèlerins qui rallièrent l'église d'Ohain prièrent la Sainte et l'invoquèrent pour lutter contre les maux de gorge et d'yeux, la pleurésie, les fièvres, tant pour les personnes que pour les animaux... On composa même une bannière dédiée à Sainte-Wivine et qui était offerte aux groupes priants de l'église. Une nouvelle table d'autel fut installée en 1766 à l'autel de Sainte-Wivine grâce à la compensation de 100 florins offerte par l'église de Plancenoit après un litige survenu avec cette paroisse lors de la suppression de l'autel de Saint-Nicolas. La source qui s'écoulait au pied du grand talus sur lequel est bâtie l'église Saint-Etienne fut baptisée "source Sainte-Wivine" et les pèlerins purent éviter la descente dangereuse vers celle-ci, quand en 1763, un bac en pierre bleue fut installé aux environs de l'autel «pour mettre l'eau de ladite Sainte», comme l'indiquent les comptes paroissiaux archivés. La procession annuelle perpétue toujours l'arrivée des reliques dans l'église d'Ohain (à l'origine, celle-ci se rendait même jusqu'au château du seigneur sur la place communale qui fut alors un lieu de reposoir). Le 30 septembre 2012, lors de la dernière sortie de cette procession et en réponse à une précédente invitation, la chasse de Sainte-Wivine, invoquée à Orbais, s'est volontiers associée à cette démonstration de foi populaire qui fait maintenant partie intégrante de notre patrimoine brabançon.
Annie Peetermans.
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